Générosité 

« J’ai toujours craché sur la générosité. Elle défait les hommes. Elle prend à ceux qui la reçoivent l’égoïsme, la paresse et couvre leurs perversions (…) Il n’y a que les bourgeois, de toute façon, qui pensent que la misère, c’est la pauvreté. 

– Et c’est quoi pour vous la misère, Mr Shallow ?

– La trahison. »

Antoine Sénanque Jonathan Weakshield,  ed. Grasset Le meilleur livre de l’année, et de bien d’autres encore. Plus que recommandé : prescrit d’urgence à tous ceux qui pensent, comme moi, que la lecture est une nécessité !

Légendes 

 » Celui qui fait au peuple de fausses révolutions, celui qui l’amuse d’histoires chantantes, est aussi criminel que le géographe qui dresserait  des cartes menteuses pour les navigateurs  » – de Hyppolite Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871. Noble et engagé aux côtés des communards, il a tenu la dernière barricade avant de filer à Londres, et d’y vivre en proscrit.

Psy

[Mon psy]  » chaque fois qu’il me posait des questions, je me figeais comme si l’on me poussait sur scène dans une pièce dont je ne connaîtrais pas les répliques ». – Donna Tart! Le Chardonneret, éditions Plon. Lecture en cours… avis non établis pour le moment. Restent 500 à 600 pages à lire…

Ruine

« La bâtisse est répugnante. Seuls des clichés lui rendent justice : lépreuse, décrépie, délabrée… En cas de fortes pluies, les canalisations, comme les banques, rendent avec intérêt ce qu’elles ont en dépôt; en été, comme les banques pourries, elles puent » – Ian McEwan, Dans une coque de noix. Gallimard. Excellent sur la forme. Vite lassant sur le fond. Comme un sprinter qui tient pas la longueur.

Ambition

« Une grande vie est un rêve de jeunesse réalisé par l’âge mûr » – Alfred de Vigny, qui passa quinze ans de sa vie en garnison, sans combattre,  sans jamais jouer de l’épée ! Il a rangé ses armes et s’est mis à écrire, réalisant un de ses rêve. Il est mort d’un cancer du bide, tant il se faisait de la bile pour ses finances en berne et ses échecs en politique entre autres. 

Les écrits restent. C’est l’esprit qui se dissipe avec le temps et l’air du temps…

S. Spitzer

Rêves 

«Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel/

 Brodé de lumière d’or et de reflets d’argents/ 

Le mystérieux secret, le secret éternel/ 

De la nuit et du jour, de la vie et du temps/ 

Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds/ 

Mais tu sais je suis pauvre et je n’ai que mes rêves/ 

Alors c’est de mes rêves qu’il faut te contenter/ 

Marche doucement, car tu marches sur mes rêves»

WB Yeats 

Silence

« Père était un taiseux, comme on dirait plus tard de ces gens-là (…) C’était ainsi qu’on se comprenait le mieux, avant que les mots s’emmêlent. Noelie avait grandi dans ce silence, et elle l’avait appris. »

Looping,  Alexia Stresi, Stock

Merveilleux premier roman. Récit sensible d’une grand-mère née pauvre dans la campagne italienne, grandie par les sables du désert de libyen, les vols de nuit dans l avion de son mari militaire… etc etc.  Écrit dans une langue sensible et poétique, rythmée comme un poème, tranchante et juste. Chapeau l’auteur !