Rêves 

«Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel/

 Brodé de lumière d’or et de reflets d’argents/ 

Le mystérieux secret, le secret éternel/ 

De la nuit et du jour, de la vie et du temps/ 

Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds/ 

Mais tu sais je suis pauvre et je n’ai que mes rêves/ 

Alors c’est de mes rêves qu’il faut te contenter/ 

Marche doucement, car tu marches sur mes rêves»

WB Yeats 

Silence

« Père était un taiseux, comme on dirait plus tard de ces gens-là (…) C’était ainsi qu’on se comprenait le mieux, avant que les mots s’emmêlent. Noelie avait grandi dans ce silence, et elle l’avait appris. »

Looping,  Alexia Stresi, Stock

Merveilleux premier roman. Récit sensible d’une grand-mère née pauvre dans la campagne italienne, grandie par les sables du désert de libyen, les vols de nuit dans l avion de son mari militaire… etc etc.  Écrit dans une langue sensible et poétique, rythmée comme un poème, tranchante et juste. Chapeau l’auteur !

Corps et esprit

 » Y a une chose qu’on peut pas empêcher en vieillissant, même quand on n a pas eu d’enfants, c’est de regarder des jeunes types comme toi et espérer qu’ils feront mieux que nous. Bon Dieu, Billy, si je pouvais mettre dans ta tête et tes jambes ce que je sais, tu pourrais conquérir le monde. Mais on peut pas faire entrer un vieil esprit dans un corps jeune. Ils se craignent trop. » – Antoine Varenne, Equateur, Albin Michel

Invité

« Heidegger dit : ‘Nous sommes les invités de la vie’. Il a trouvé cette expression extraordinaire ; ni vous ni moi n’avons pu choisir le lieu de notre naissance, les circonstances, l’époque historique à laquelle nous appartenons, le handicap ou la pleine santé… Nous sommes geworfen, dit l’allemand, jetés dans la vie. Et celui qui est jeté dans la vie a un devoir envers la vie, à mon sens, l’obligation de se comporter comme invité. Que doit faire l’invité ? Il doit vivre parmi les hommes, où qu’il soit. Et un bon invité, un invité méritoire laisse le logis où il a été un peu plus propre, un peu plus beau, un peu plus intéressant qu’il ne l’a trouvé. Et s’il doit partir… » Entretiens de George Steiner avec Laure Adler, Un long samedi, Flammarion. Savoir se taire et lire, attentivement. N’ouvrir que ses yeux et son esprit pour retenir l’essentiel. A peine. Quelques bribes. Des miettes parfois suffisent à changer notre façon de vivre le monde.

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